Qualité de l'air : une multitude de polluants à prendre en compte

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La politique française en la matière, régulièrement renforcée depuis 30 ans, a porté à la fois sur la réduction des émissions automobiles (plomb, soufre, benzène, particules) et industrielles (dioxyde de soufre, oxydes d'azote, acide chlorhydrique, hydrocarbures, composés organiques volatils...). Une nouvelle étape a été franchie avec la loi sur l'air du 30 décembre 1996, qui généralise les réseaux de surveillance de la qualité de l'air, améliore l'information de la population et multiplie les systèmes de planification.

Les principaux polluants de l'air :

Le dioxyde de soufre est émis par les combustibles fossiles (fioul et charbon) utilisés dans les centrales thermiques, chaufferies, fours industriels, chauffages collectifs et individuels. C'est un gaz irritant. En association avec les particules en suspension, il peut déclencher ou aggraver des pathologies respiratoires ; il joue également un rôle prépondérant dans les phénomènes de pluies acides et de dépérissement des forêts.

Les particules en suspension sont émises par certains procédés industriels (sidérurgie, ciments, engrais), par les installations de combustion et par les véhicules. Elles peuvent provoquer des difficultés respiratoires chez les personnes fragiles. Certaines ont des propriétés mutagènes ou cancérogènes.

Les oxydes d'azote sont émis pour 2/3 par les moteurs de voitures et pour 1/3 par les installations de combustion et certains procédés industriels. Ils interviennent de manière importante, après le dioxyde de soufre, dans les phénomènes de pluies acides. Le dioxyde d'azote peut entrainer une altération de la fonction respiratoire. Les composés organiques volatils (vapeurs d'hydrocarbures et de solvants divers) proviennent des véhicules et de plusieurs procédés industriels : raffinage, stockage et distribution de carburants, stockage et utilisation de solvants, application de peintures... Leurs effets vont de la simple gêne olfactive à des risques mutagènes ou cancérigènes. Ils interviennent dans le processus de formation de l'ozone, au sein des basses couches de l'atmosphère.

L'ozone des couches basses de l'atmosphère résulte d'une série de transformation chimiques complexes, influencées notamment par l'ensoleillement. Les précurseurs de ces processus sont en particulier les oxydes d'azote, le monoxyde de carbone et les hydrocarbures produits principalement par l'automobile. L'ozone provoque des irritations respiratoires et oculaires, ainsi qu'une diminution de la capacité respiratoire. Il contribue également aux pluies acides.Il ne doit pas être confondu avec la couche d'ozone stratosphérique, qui protège la terre du rayonnement ultra-violet du soleil.

Le monoxyde de carbone résulte de la combustion incomplète des carburants et combustibles, notamment dans les moteurs. Il se fixe dans le sang à la place de l'oxygène, affectant ainsi le système nerveux, le cœur et les vaisseaux sanguins. En cas d'exposition très élevée ou prolongée, il peut être mortel.

L'acide chlorhydrique est émis principalement par la combustion des déchets contenant des matières plastiques chlorées (ordures ménagères...) et par celle de charbons à forte teneur en chlore. Le traitement des fumées des unités d'incinération a contribué à une réduction notable des émissions. Il participe à l'acidité de l'atmosphère. Des intoxications par le chlore peuvent être à l'origine de troubles respiratoires, oculaires et digestifs.

Le plomb a été émis principalement par les véhicules automobiles, jusqu'à la suppression de l'essence plombée. Les usines de traitement de minerai et de métaux plombifères constituent les principales sources industrielles. Pour l'homme, c'est un métal toxique à effet cumulatif (saturnisme).