Archives : Déchets toxiques en quantités dispersées : une menace pour la qualité de l'eau

 

Depuis 1997, plusieurs études et campagnes de mesure ont été réalisées sur le réseau d'assainissement du Grand Lyon, en semaine et durant le week-end, au niveau des stations d'épuration ou de certaines zones industrielles.

Toutes ont montré que les rejets toxiques, métaux et solvants, provenaient des activités économiques et pour une plus faible part, des ménages.

Quels sont ces déchets toxiques ?

  • solvants usés, inflammables ou ininflammables (essence, white spirit, trichloréthylène...)
  • peintures, vernis, encres, colles, décapants de peintures
  • produits chimiques résiduels de laboratoires et de petits ateliers : acides, bases, sels métalliques, bains et boues de traitement de surface, bains et films photographiques... 
  • fluides d'usinage et huiles usagées, graisses, lubrifiants
  • piles, accumulateurs, batteries, tubes fluorescents, lampes à vapeur de mercure 
  • emballages souillés 
  • gaz comprimés, CFC
  • batteries automobiles, acides, antirouille, soude caustique 
  • détergents, détachants, diluants, - insecticides, désherbants, fongicides, engrais
  • médicaments.

Trop souvent, ils sont :

  • rejetés dans les égouts : risque pour le personnel, pollution des rivières et fleuves car les stations d'épuration ne les traitent pas 
  • mélangés aux ordures ménagères : risque pour le personnel des stations d'incinération, dégagement de gaz nocifs à l'incinération 
  • abandonnés ou enfouis dans la nature : pollution du sol ou des eaux souterraines.

Or, aux termes de la loi, toute personne est responsable des dommages causés à autrui, notamment du fait d'une élimination non appropriée de ses déchets.

Que faut-il en faire ?

Les particuliers doivent déposer ces déchets dans l'un des points de collecte du Grand Lyon.

Les entreprises doivent chercher à les réduire à la source (technologies propres, produits "écolabel européen" ou "NF environnement"), favoriser le recyclage et la valorisation, et négocier la reprise de ces déchets par leurs fournisseurs.

Enfin, les entreprises, pour éliminer leurs déchets dangereux doivent faire appel à des collecteurs conventionnés par l'Agence de l'Eau.

Les actions du SPIRAL EAU sur les DTQD 

Le SPIRAL EAU a lancé plusieurs actions de sensibilisation sur ce sujet : diffusion d'un guide à 2000 PME-PMI en 1996, réunions de sensibilisation avec les syndicats professionnels de trois branches (3500 entreprises contactées) en 1997, participation à l'appel à projets lancé par l'ADEME la même année. En 2000, deux documents réalisés avec le Grand Lyon sont réalisés : le premier (310 000 exemplaires) vise les ménages, le second (10 000 exemplaires) les entreprises.

Le SPIRAL Eau mène enfin des actions d'information auprès des PME/PMI et des particuliers, pour limiter les rejets de déchets toxiques en quantités dispersées (DTQD). Les solvants usés, peintures, vernis, bains photographiques, pesticides, bombes aérosol, etc. , rejetés en petites quantités mais par une multitude d'émetteurs, ont un impact non négligeable sur la pollution toxique du Rhône. Sur le terrain, l'action prioritaire concerne la démarche de conventionnement proposée aux entreprises à l'initiative de la Communauté urbaine de Lyon ; celles-ci s'engagent à adopter une démarche volontariste vis-à-vis de ces déchets.

Les objectifs sont d'accroître le nombre de conventionnés, d'installer des moyens permanents d'analyse sur le réseau et d'accentuer l'information des entreprises