Archives : la qualité de l'eau

Agir sur les toxiques

Les principaux polluants 

Les polluants organiques sont dus aux rejets urbains mais aussi à ceux de l'industrie : chimie, papeterie, pétrole, agro-alimentaire, textile... Cette pollution peut être évaluée à travers le processus de dégradation chimique des polluants, qui consomme de l'oxygène. Les deux principaux indicateurs utilisés sont la demande chimique en oxygène (DCO), qui représente le poids d'oxygène nécessaire à cette dégradation, et la demande biologique en oxygène au bout de 5 jours (DBO5), qui est la quantité d'oxygène dissous consommée par les micro-organismes de l'eau en 5 jours, à 20°C, pour réaliser une auto-épuration complète. Les matières en suspension (MES) rejetées par les activités urbaines et industrielles sont également prises en compte. Elles obscurcissent le milieu, l'appauvrissent en oxygène par ralentissement de la photosynthèse, et peuvent gêner ou tuer les poissons par colmatage des branchies.

Les produits toxiques, appelés également micro-polluants, regroupent les métaux, hydrocarbures, organochlorés, etc. Au niveau européen, une liste de 132 substances toxiques et considérées comme dangereuses pour l'environnement a été dressée ; outre certains métaux, on y retrouve essentiellement des composés chlorés et des pesticides.

Un suivi régulier du milieu et des rejets

Afin de cerner au plus près les apports de polluants au Rhône dans l'agglomération, les moyens de suivi portent à la fois :

  • sur l'observation du milieu aquatique, c'est-à-dire de l'eau, des matières en suspension qu'elle contient, et des sédiments : ceux-ci qui fixent en partie les polluants contenus dans l'eau.Il existe 4 points d'observation sur le Rhône et la Saône, en amont et en aval de Lyon.
  • sur l'analyse des rejets de neuf sites industriels et de deux stations d'épuration de la Communauté urbaine de Lyon.

Les programmes d'analyse, définis par le SPIRAL, sont mis en œuvre techniquement et financièrement par l'association CAMALY, avec l'aide de l'Agence de L'eau Rhône-Méditerranée-Corse. Celle-ci regroupe neuf industriels (qui rejettent directement dans le milieu) via l'association APORA et le Grand Lyon, pour ses deux stations d'épuration de Saint-Fons et de Pierre-Bénite

La qualité du milieu (le Rhône et la Saône)

4 points d'observation (amont et aval de Lyon) permettent de caractériser la qualité du milieu, en particulier par des mesures périodiques sur l'eau (paramètres généraux de pollution), sur les sédiments et les matières en suspension (paramètres généraux de pollution et métaux lourds). Les résultats d'analyses en continu de la station de surveillance de Ternay viendront compléter ce dispositif.

  • Le Rhône à Lyon
  • Le Rhône à Jons
  • Le Rhône à Chasse sur Rhône
  • La Saône à Saint Bernard

L'évaluation de qualité de l'eau est faite avec le Système d'évaluation de la qualité (SEQ Eau) ; ce système est fondé sur la notion d'altération. Les paramètres de même nature ou de même effet sont groupés en 15 altérations de la qualité de l'eau parmi lesquelles figurent les matières organiques et oxydables, les matières phosphorées, les pesticides, ... Le S.E.Q. Eau fournit des évaluations concernant la qualité physico-chimique de l'eau pour chaque altération d'une part, et, l'incidence de cette qualité ainsi évaluée sur la biologie et les usages de l'eau d'autre part.

La qualité de l'eau est décrite pour chaque altération, avec un indice et 5 classes de qualité. Les classes de qualité de l'eau sont construites à partir de l'aptitude de l'eau à la biologie et de l'aptitude aux usages liés à la santé (production d'eau potable, loisirs et sports aquatiques) considérés comme les usages principaux.

Les déchets toxiques en quantités dispersées : une menace pour la qualité de l'eau